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Assemblée générale

Assemblée Générale du 18 mai 2017

 BILAN D’ACTIVITE  (Extraits)

 On peut distinguer 2 grandes parties :

 -         Les maraudes

-         L’accueil, l’hébergement et l’accompagnement de familles

Bilan des maraudes de 2016 à partir du tableau Excel :

 -         94 maraudes effectuées,   soit : 2 maraudes en moyenne par semaines, en comptant sur 11 mois (juillet et août ne comptant que pour un mois)

 -         676 personnes rencontrées,   soit : 7 personnes, en moyenne,  rencontrées par maraude.

 -         250 personnes différentes rencontrées

 Ces chiffres sont froids et ils ne sauraient exprimer l’essentiel : le poids d’humanité qu’il y a dans ces rencontres.  

Le point sur l’accueil de réfugiés et demandeurs d’asile par E.S.P.O.I.R. en 2016

Famille D. , famille syrienne avec deux enfant (7 et 4 ans) arrivée le 9 janvier 2016, venant de Paris où ils vivaient à 4 dans une seule pièce. La paroisse de Ste Foy a mis les locaux de l’ancienne cure de Ste Thérèse à leur disposition.

Démarches et accompagnements effectués par les membres d’ESPOIR : 


-         Nettoyage de l’appartement et équipement

-         Pôle emploi

-         Mission locale

-         CAF

-         Sécurité sociale

-         Inscription des enfants à l’école

-         Cours de français pour les parents

-         Accompagnements chez le médecin et le dentiste (opération d’Omar)

-         Recherche d’emploi et de stages

-         Demande de logement et constitution d’un dossier DALO

Ils ont obtenu un logement social à St Genis Laval et ont déménagé le 22 avril 2017.

Famille B. , famille irakienne avec deux enfants (12 et 13 ans) et deux grands parents. Accueillie le 27 décembre 2015 au Domaine St Joseph. Espoir a préparé le logement (grand ménage et fournitures de meubles) et effectué quelques accompagnements administratifs, l’essentiel de l’accompagnement étant assuré par le Secours catholique.

Famille D. , famille portugaise d'origine guinéenne, avec trois enfants : deux garçons âgés de 16 et 8 ans, et une petite fille âgée de 8 mois. Cette famille allait se retrouver à la rue. ESPOIR a pris en charge les frais d’hôtel pour une semaine (du 13 au 19 décembre) en attendant qu’elle puisse être accueillie par une communauté religieuse de Ste Foy.

Accueil à St Luc :  Accueil réalisé du 7 novembre 2016 au 22 avril 2017 dans le cadre d’une convention passée entre la Paroisse de Ste Foy et l’association ESPOIR, à la demande d’ESPOIR.

Nous avons accueilli successivement 5 familles pour des périodes allant de 1 semaine à plusieurs mois.

 


 

E.S.P.O.I.R. Assemblée Générale du 11 mai 2016

 
Rapport d’activité

Il faut tout d’abord dire que nous ne formons qu’une toute petite équipe composée d’une quinzaine de personnes dont la moitié sont des étudiants ou des étudiantes,  alors forcément notre action est bien limitée.

Concernant les personnes sans domicile, cette action se décompose en deux volets : les maraudes et les accompagnements.

A propos des maraudes :

Elles se déroulent dans deux secteurs : La Presqu’île, de Perrache aux Terreaux et la Part Dieu (autour de la gare et dans le centre commercial). Depuis le début du deuxième semestre 2015, nous nous efforçons de rédiger un compte rendu de maraude afin de se tenir au courant les uns les autres des rencontres que nous avons faites et pour pouvoir éventuellement assurer un relais auprès de quelqu’un qui en aurait besoin, notamment en cas d’hospitalisation.

A partir de ces C.R nous avons pu établir quelques statistiques. (Les chiffres portent donc uniquement sur le deuxième semestre qui comprend les mois de juillet et août durant desquels notre activité est très réduite du fait que nous partons en vacances, les uns après les autres).

Nous avons donc effectué, entre juillet et décembre 2015 : 56 maraudes, au cours desquelles nous avons fait 330 rencontres, soit une moyenne de 6 rencontres par maraude. Il y a des personnes que nous rencontrons régulièrement et d’autres qu’on ne voit qu’une seule fois. En fait, ces 330 rencontres correspondent à 130 personnes différentes.  Ce chiffre n’est pas négligeable mais il est loin de représenter le nombre total de personnes sans domicile à Lyon.

 

Pour ce qui est des accompagnements :  il faut préciser qu’ils sont effectués à la demande des personnes rencontrées, nous ne forçons jamais personne à faire une démarche.

Nous avons accompagné en 2015 une dizaine de personnes dans des démarches diverses et pour vous donner une idée de ce que peut être un accompagnement, je vais prendre un exemple précis concernant une personne :  domiciliation au CCAS, établissement d’une carte de transport aux TCL, dépôts de demandes d’hébergement à : Maison de la Veille Sociale, Mairie du 3ème, foyer Aralis, foyer Adoma, dépôt d’un recours DALO à la DDCS - démarches pour le travail : Pôle Emploi, FC2E, IDEO – une fois le travail obtenu  il a fallu trouver d’urgence des solutions d’hébergement car la personne était à la rue : il y a d’abord eu l’Hôtel, puis des hébergements payants, pris en charge par ESPOIR, à l’association ASLIM, aux Missions Africaines, à la Maison Lazare et enfin dans un foyer Adoma – il a fallu faire des démarches pour l’ouverture d’un compte bancaire : Banque postale, Crédit Lyonnais, Crédit mutuel, Banque de France, et finalement nous avons ouvert un compte Nickel dans un tabac – diverses autres démarches :  CAF, Sécurité sociale, Centre des Impôts pour obtenir un certificat de non imposition (exigé par je ne sais plus quel organisme).  Et il a fallu retourner plusieurs fois auprès de la plupart de ces organismes cela demande beaucoup de disponibilité.

 

Parmi nos activités de 2015, il faut mentionner la préparation de l’ACCUEIL DES REFUGIES


 

Dès la rentrée de septembre, sensibles au drame des migrants qui se noyaient en Méditerranée, nous avons souhaité participer à leur accueil. L’occasion nous en a été donnée par la constitution d’un Comité d’accueil des réfugiés à Ste Foy. Nous nous sommes immédiatement mobilisés pour préparer les deux appartements mis à disposition par le diocèse : à la Maison St Joseph et dans l’ancienne cure de Ste Thérèse.

le 3 octobre, nous nous sommes retrouvés pour effectuer un grand ménage dans l’appartement de St Joseph

les 31 octobre et 7 novembre nous étions une dizaine de volontaires avec éponges, balais, seaux,  serpillières, à Ste Thérèse

pour l’ameublement des 2 appartements, qui étaient entièrement vides, il a fallu se mettre en quête de meubles:

une première livraison de meubles a été effectuée par l’association Antenne Logement qui a tout de suite apporté son concours

nous avons également collecté des meubles auprès de particuliers, ce qui a nécessité la location de véhicules utilitaires

et nous avons dû acheter les meubles qui manquaient au Bric à brac d’Emmaüs à Vénissieux, au Bric à brac FNDSA à Vaise, au Troc de Lille, et à Conforama

l’ARRIVEE DES REFUGIES :

Une famille irakienne composée de 5 pers. (3 adultes et 2 enfants) a emménagé au domaine St Joseph le 27 décembre 2015 et une famille syrienne composée d’un jeune couple avec 2 enfants est arrivée à Ste Thérèse le 9 janvier 2016. Un accompagnement des 2 familles est actuellement réalisé par les membres du Comité d’accueil. Je n’en dis pas plus au sujet des réfugiés car cela fera l’objet du rapport d’activité de l’année prochaine.

 
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 Rapport moral

Je crois pouvoir dire que, cette année encore, nous avons créé ou entretenu des liens de fraternité avec plusieurs personnes qui vivent dans la rue. Ces liens engagent notre responsabilité.

 « Etre homme, c'est précisément être responsable. »

a écrit Antoine de St Exupéry

Pour nous, la maraude n’est pas une promenade touristique. Nous allons chaque fois au devant de l’imprévu, dans une disponibilité de notre être pour essayer de nous ajuster aux situations rencontrées. La maraude, c’est l’occasion d’une rencontre, d’une rencontre qui nous engage. Le but ultime est bien d’essayer d’apporter une aide à la personne. Mais comment ? Toute la difficulté est là.  Nous découvrons des situations complexes devant lesquelles nous nous sentons impuissants, démunis. Que faire lorsqu’un monsieur nous dit, depuis des années, qu’il dort à «l’hôtel béton »  ? 

Il faut être chanceux pour obtenir une place dans un centre d’hébergement. Combien de fois a-t-on appelé le 115 pour s’entendre répondre « il n’y a pas de place, veuillez rappeler à 21h00 ». A 21h00, on nous répond d’appeler le lendemain matin. Des personnes nous disent n’avoir obtenu que deux nuitées au cours de tout un hiver.

Pour celui qui commence un travail, il n’y a pas d’intermédiaire entre l’hôtel et la rue. Certains se payent une chambre à l’hôtel une ou deux fois dans la semaine pour pouvoir prendre une douche.

Récemment, à la Part Dieu, on nous a raconté qu’un homme qui dormait sur un banc s’est fait agresser violemment pendant son sommeil et qu’on lui a tout volé. Combien nous ont dit s’être fait voler leurs chaussures pendant la nuit !

Il n’y aurait rien de pire que de s’habituer à voir des gens dormir dans la rue et à trouver cela normal !

Peut-on se contenter d’aller rencontrer les personnes sans abri pour leur parler et les écouter ?

N’avons-nous pas une responsabilité politique à assumer devant ce manque de possibilités d’hébergement ? Comment rester indignés, révoltés devant ces situations ? 

Qui sont les personnes que nous rencontrons ? Quels drames, quels accidents de la vie les ont conduits à dormir sur un banc, sous un porche, dans une allée d’immeuble ? Les parcours sont certainement très divers. Nous recueillons peu de confidences, les personnes sont généralement très discrètes sur leur passé. Je suis tout de même étonné par le nombre de ceux qui nous disent avoir été placés à la DAS tout jeunes. Abandonnés ou maltraités, ils n’ont pas connu l’amour d’une mère, cet élément essentiel dans la construction de soi.

Christian Roussin, qui était proche des pauvres a écrit : « Chaque homme est un livre. Mieux encore : c’est une bibliothèque. Mais il faut l’ouvrir, et pour cela, il faut beaucoup d’humilité. »

La maraude :

Trois choses qui me paraissent importantes : le regard, l’écoute, le sourire

 Le regard

 L’accueil commence par le regard

Un écrivain contemporain a écrit : « la possibilité de vivre commence dans le regard de l’autre. »  Voyez l’importance du regard d’une maman pour son bébé.

Combien de regards excluants !   Combien de regards qui se détournent. Avez-vous remarqué comme on se croise dans la rue sans se regarder. C’est attristant. Dans quels murs nous enfermons-nous ? Comment s’étonner alors que notre société crée de l’exclusion ?

Quel regard portons-nous sur les personnes au bord du chemin ?

Robert Beauvery, sur son lit d’hôpital à Léon Bérard, a dicté une dernière lettre dans laquelle il a dit : « J’apprends que l’intérêt pour l’autre, quel qu’il soit, passe d’abord par le regard … »

L’écoute :

Ecouter est peut-être le plus beau cadeau que nous puissions faire à quelqu’un. C’est lui dire : tu es important pour moi.

 Ecouter c’est commencer par se taire…« Je n’avais pas marché plus de cinq minutes quand j’ai entendu des sanglots discrets. Un homme était assis à la porte d’un magasin, tout recroquevillé et pleurait… Papi pleurait… tout seul sur le trottoir. Tout seul dans la nuit. […] Je me suis assis près de lui, sans rien dire…(Eric Guyader)

Réponse de Claude, SDF, à Pierre Vidal-Naquet, sociologue, qui l’a interviewé à Toulouse:

 « C’est moi qui vous remercie : vous m’avez permis de m’exprimer et vous me donnez une identité en me faisant exister pour quelqu’un… j’ai quelqu’un en face de moi, un visage expressif, qui réagit… quand quelqu’un vous écoute comme ça, on ressent la vie qui est en soi. Et ça fait vivre. »

 Le sourire

Le sourire rassure, donne confiance, apaise. « Nous ne saurons jamais tout le bien qu’un simple sourire est capable de faire » a dit Mère Teresa. Le sourire est un rayon de soleil, il nous introduit dans un monde où tout semble possible, où la vie peut renaître.

Jean-claude Pochet

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Assemblée générale du 29 avril 2015

  

François Kieffer

 

Pour E.S.P.O.I.R., l’événement le plus marquant de l’année 2014 a été sans nul doute la disparition de notre cher ami François Kieffer, compagnon des premières heures d’Espoir. Lors de notre Assemblée générale de l’année dernière, le 18 juin 2014, nous échangions les dernières nouvelles sur son état de santé alors qu’il se trouvait au Centre hospitalier d’Albigny sur Saône. Quatre jours plus tard, le 22 juin il était emporté par cette tumeur au cerveau contre laquelle il s’était battu pendant un an et demi. Par son charisme, François était l’âme d’Espoir. Il laisse un grand vide.

 

Rapport d’activité 

Nous ne pouvons pas faire état du nombre de soupes servies, de sandwichs distribués pour la bonne raison que nous ne faisons pas de distribution. Mais cela ne nous empêche pas d’offrir occasionnellement à l’un ou à l’autre une paire de chaussures, un sac de voyage, un duvet, une tente.

Nous passons principalement du temps à rencontrer des personnes et nous essayons de les comprendre malgré quelques fois la barrière de la langue. Comment mesurer l’impact de notre écoute bienveillante chez ces personnes ? Pour nous, avec le temps, chacun, chacune devient un ami, une amie. Nous les portons en nous, nous nous inquiétons de leur santé, de leur devenir. Ils comptent vraiment pour nous.

 

Nous nous rendons disponibles pour accompagner dans leurs démarches ceux qui en expriment le désir. Nous sommes bien souvent confrontés à notre impuissance à proposer l’essentiel : un toit, un abri, une sécurité.

 

Mais nous sommes également impuissants devant la dépendance à l’alcool de beaucoup de nos amis. Elle les réduit parfois à l’état de loques humaines et nous en souffrons avec eux. Comment les délivrer de cet asservissement ?

 

Mais il y a aussi la maladie mentale qui enferme un certain nombre d’entre eux sur eux-mêmes. Dans l’incapacité d’entretenir des relations harmonieuses avec les autres, ces personnes vivent toute l’année dehors, dorment sur des bancs, dans un isolement total.

 

Voici un petit récit de l'accompagnement de C. : 

 

Nous (J-Cl et moi) avons fait connaissance de C. en 2011, sur les quai du Rhône face au parc de la Tête d'Or. C'était aussi le campement du "hollandais" où nous étions toujours bien reçu et dont je garde un souvenir lumineux. C. avait une tente proche de celle du hollandais et de D., mais pas vraiment avec, un peu à l'écart : ce côté "loup solitaire" de C. ne s'est jamais démenti. Il a des connaissances de la rue, que j'ai pu rencontrer au fil du temps, des connaissances d'entrepreneurs du bâtiment qui, ponctuellement, ont donné une activité à C. (en profitant également de cette main d’œuvre bon marché !), mais ses lieux de vie ont toujours été à l'écart.

 

Malgré mes activités professionnelles en 2012-2013, nous avons continué à nous voir, relativement régulièrement. Nous prenions généralement un café aux Terreaux, discutions de ses démarches (AME, CCAS...) mais aussi beaucoup de choses et d'autres (la Roumanie entre autre...). Gratuitement, comme deux amis. Il faut dire qu'à ce moment, C. était dans une véritable impasse car il n'avait pas le droit de travailler en France. Un jour, je lui ai dit qu'il devrait peut être penser à retourner en Roumanie... et puis, au fil des discussions, le projet d'apiculture est né !

 

Grâce à Bertrand (bénévole d’Espoir), nous (C. et moi) avons pu suivre des cours d'apiculture pendant l'année 2014. C. esquissait les grandes lignes de ce projet (début de budget, liste de matériel...). Si ce projet ne s'est pas réalisé, il a peut être permis à C. de se projeter, de "quitter" la rue, au moins dans sa tête. Pour tenir, C. m'a dit qu'il marchait beaucoup dans Lyon. Il travaillait également beaucoup à la bibliothèque de la Part Dieu, pour apprendre le français. Puis, le 1er janvier 2014, les restrictions du marché du travail à l'égard des ressortissants Roumains ont été levées ! Lucile (bénévole d’Espoir) m'a permis de faire le lien avec Alis, où elle était stagiaire : C. a pu s'inscrire dans le PLIE (Plan Locale d'Insertion Economique). De là, il a pu décrocher des contrats de travail : fermeture des parcs municipaux dans un premier temps puis nettoyage des traboules des pentes de la Croix Rousse jusqu'à aujourd'hui.  Ce qui me marque chez C., c'est sa force morale, psychique, sa joie ! Je ne l'ai vu qu'une seule fois en colère : c'était après un rendez vous inutile au CCAS... Les multiples vols de sa tente, duvet... ne l'ont jamais entamés ! 

Benoît (bénévole d’Espoir)

   

Famille Rom

 

Suite à l’appel de la « Coordination Urgence Migrants », la paroisse de Sainte Foy a accueilli en septembre 2014 une famille Rom avec 4 enfants qui vivait dans une caravane. Sollicités par l’équipe paroissiale, nous avons contribué  à leur installation : tout d’abord en aidant au déménagement, puis en leur installant une tente à proximité de la caravane pour agrandir leur espace vital et enfin en participant physiquement, durant plusieurs semaines, aux travaux de remise en état de l’ancienne cure destinée à les accueillir durant l’hiver. Alors que les travaux se terminaient, ils ont obtenu par les Services sociaux un appartement à Vaulx en Velin. Nous avons a nouveau aidé à leur déménagement à Vaulx en Velin. Je tiens à souligner combien les trois plus grands enfants, scolarisés à Tassin la Demi-Lune, étaient remarquables de politesse et de  gentillesse.

 

Accompagnement de personnes hospitalisées :

 

Dans le cadre d’un accord de partenariat avec la Maison d’Hestia, établissement de soins de suite, situé à Lyon 5ème, nous avons réalisé en 2014 : 23 accompagnements (pour des démarches administratives, des vestiaires, des visites d’appartement, etc.) principalement sur Lyon, mais aussi à Villefranche sur Saône, Bourg en Bresse, Valence.

  

Projet d’hébergement

 

Confrontés à l’impérieuse nécessité d’avoir un toit pour pouvoir travailler et inspirés de l’exemple de l’association « Toi à moi » de Nantes, nous avons fait le projet au printemps 2014 de louer un petit appartement pour donner un coup de pouce à ceux qui en ont besoin. Nous avons rencontré la directrice de l’association ASLIM qui depuis 20 ans est spécialisée dans l’insertion par le logement. Nous avions convenu avec elle de nous mettre à la recherche d’un appartement et de son financement et d’en confier la gestion à l’Aslim. En automne, les appels de dons que j’ai fait à Ste Foy auprès des entreprises et des professions libérales n’on rien donné. Aucun résultat non plus dans les démarchages effectués auprès des commerçants de la rue Victor Hugo. Le projet est donc en hibernation. Et pourtant, je crois que c’est un euphémisme de dire que ce projet pourrait être utile.

 

Illustration avec le cas de B. :

 

Les demandes d’hébergements faites en novembre 2014 et renouvelées chaque mois n’ont abouti que ce lundi 27 avril. B. va intégrer un foyer ADOMA, avenue Félix Faure le 30 avril.

Lorsque B. a commencé à travailler le 15 décembre 2014, nous lui avons payé 2 nuits d’hôtel et nous avons fait le forcing auprès de la Maison de la Veille sociale et du 115 pour qu’ils soit hébergé le plus rapidement possible. L’hôtel était trop cher pour que nous puissions continuer à payer et le 115 n’a rien proposé. B. a dormi dans un parking durant un mois tout en travaillant. Puis, nous avons réussi à bricoler des solutions provisoires d’hébergement. En 4 mois, B. aura déménagé 5 fois. Aurait-il pu se tenir à son travail sans ces « dépannages » ?

 

Une dernière chose, B. vient d’obtenir le renouvellement de son contrat de travail.

 

Aujourd’hui, nous connaissons d’autres personnes qui se trouvent dans la même situation que C. et B., ils s’appellent : F., M..

 

Vie de l’association :

 

Nous avons été rejoints depuis quelques mois par plusieurs jeunes encore étudiants ou entrés depuis peu dans la vie active et cela nous réjouit.  Nous avons besoin de sang neuf, d’enthousiasme, d’esprit d’initiative, de générosité.

 

Pour conclure :

 

Quel beau mot que celui de « fraternité » qui peut rassembler des hommes et des femmes de tous horizons, croyants et non croyants.  C’est bien cette fraternité universelle que nous essayons de mettre en œuvre au sein d’Espoir.

  

Jean-Claude Pochet

 

 

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 Assemblée générale du 18 juin 2014 

  

Rapport moral et d’activité

   

Le début de l’année 2013 a été riche en actions et en engagements. Mon exposé se divisera en quatre parties:

 

-         L’accueil des demandeurs d’asile albanais à St Luc au début de l’année 2013

 

-         Notre mobilisation suite de la destruction de tentes abritant des familles le 5 mars à  Perrache

 

-         Notre action à l’occasion de l’évacuation des demandeurs d’asile de la place Carnot le 25 avril

 

-         Les maraudes dans la rue, à Perrache et à la Part-Dieu, à la rencontre des personnes sans domicile

    

Accueil de demandeurs d’asile à St Luc

  

Au cours des maraudes que nous avons effectuées en décembre 2012 autour de Perrache, nous avons fait la connaissance de plusieurs familles de demandeurs d’asile venant d’Albanie et du Kosovo. Elles dormaient devant la gare, près du passage des trams. Elles y étaient régulièrement agressés durant la nuit par des personnes en état d'ivresse, des groupes d’extrême droite, mais elles étaient également harcelés par la police qui leur demandait de quitter les lieux. De semaine en semaine, certains nous paraissaient de plus en plus épuisés. Devant leur détresse, et alors que le thermomètre commençait à afficher des températures négatives, nous avons demandé au père Eric de Nattes, curé de Sainte Foy les Lyon, s'ils ne pourraient pas être accueillis durant la nuit, pendant quelques temps, dans la grande salle de réunion qui se situe au rez de chaussée de l'Eglise St Luc. Après consultation avec les membres du Conseil paroissial, la demande a été acceptée. ESPOIR s'est engagé à assurer l’accueil et l’accompagnement de ces personnes. Seize personnes ont été accueillies pour  la première fois 28 décembre 2012. Grâce au concours de paroissiens venant des trois clochers : St Luc, Ste Thérèse, St Foy centre mais aussi de bénévoles venant de plus loin, nous avons pu établir un roulement pour accueillir les personnes chaque soir et pour leur servir un petit déjeuner le matin, avant leur départ.

 

L’accueil s’est parfaitement bien déroulé. Chaque matin, couvertures et matelas étaient rangés et la salle nettoyée par une équipe de deux personnes.

 

Le 15 mars une petite fête a réunis tout le monde : bénévoles et personnes accueillies.

 

L’accueil s’est terminé le 18 mars. A cette date, plus de la moitié des personnes avait pu obtenir des solutions d’hébergement par Forum réfugiés. Quant aux autres,  nous nous sommes efforcés de leur  trouver des solutions temporaires d’hébergement. Cela a pu se faire notamment grâce aux maisons d’accueil du Châtelard et de Valpré et nous avons pris en charge l’hébergement d’une famille à l’hôtel durant une semaine.

 

 Les évènements du 5 mars 2013  

 

Par l’intermédiaire des personnes accueillies à St Luc, nous avons été mis en contact avec un petit groupe de demandeurs d’asile albanais qui avait trouvé refuge sous l’autopont de Perrache où ils avaient dressé 7 tentes. Plusieurs fois au cours de l’hiver, en arrivant à St Luc le soir, nos amis albanais nous ont prié d’aller voir ceux de Perrache parce que des  bébés étaient malades. Nous nous rendions  sur place et, après avoir relevé le nom des familles, nous téléphonions au 115 pour demander un hébergement d’urgence. On nous répondait généralement qu’il n’y avait pas de place.

 Le 5 mars 2013, vers 9h00 du matin, alors que plusieurs familles avaient déjà quitté leurs tentes pour aller se mettre au chaud, la Police s’est rendue sur les lieux et a fait procéder à la destruction complète de leurs tentes et de tout ce qu’elles contenaient : matelas, couverture, effets personnels.  Le soir, vers 21h00, je me suis rendu à Perrache. J’y ai rencontré une famille complètement désorientée avec un bébé dans une poussette et un autre enfant de deux ans et demi, ils ne savaient où aller et n’avaient pas une seule couverture pour se protéger du froid alors que le thermomètre affichait zéro degré. Je précise que toutes ces familles étaient parfaitement en règle puisqu’elles avaient des autorisations de séjour délivrées par la Préfecture.Ces faits intolérables ont soulevé une profonde indignation chez tous ceux qui en ont eu connaissance. Mais s’indigner ne suffit pas, il fallait dénoncer cet acte de barbarie.  Dès le lendemain, j’ai envoyé des courriers au Préfet, au Président de la République, et à plusieurs ministres ( Intérieur, Justice, Affaires sociales, logement).  De son côté, un écrivain lyonnais, qui connaît bien l’Albanie, a écrit au Premier ministre. J’ai accompagné plusieurs de ces familles auprès d’avocates afin qu’une requête en référé-liberté soit déposée rapidement auprès du Tribunal administratif. Le juge des référés a rendu des ordonnance dans les 48 heures enjoignant le Préfet à loger les familles dans un délai très court (3 à 5 jours) avec l’obligation de leur payer une indemnité journalière en cas de retard. 

  Evacuation de la place Carnot le 25 avril 2013  

Fin avril 2013, faute de place en CADA (Centre d’accueil des demandeurs d’asile) une centaine de personnes environ dormaient devant la gare de Perrache, près du passage des trams, là où nous avions fait la connaissance du premier groupe de demandeurs d’asile en décembre 2012. Le matin du 25 avril j’ai été prévenu par téléphone qu’un grand nombre de policiers investissait la place. Je m’y suis rendu aussitôt pour me rendre compte de ce qui se passait. Les familles rassemblées étaient chargées de sacs et d’énormes baluchons. J’ai interrogé un gradé de la police. Il m’a dit qu’ils avaient l’ordre de faire évacuer la place. Je lui ai demandé où les familles pouvaient aller. Il m’a répondu que ça n’était pas leur problème et qu’il fallait qu’elles aillent se renseigner à Forum réfugiés.    A 14h00, je me suis rendu à Forum Réfugié pour voir si une solution avait été trouvée. Il y avait là une foule impressionnante (hommes, femmes, enfants, bébés dans des poussettes) qui faisaient la queue sur le trottoir, en plein soleil sans une goutte d'eau et le ventre vide. Forum Réfugiés avait bloqué l’accès à ses bureaux. J'ai frappé plusieurs fois à la porte d’entrée en vain. Vers 14h20, plusieurs voitures de police sont arrivées et ont stationné le long du trottoir. Il en est descendu des policiers en tenue et d'autres en civil. A deux reprises j’ai été interpellé et même bousculé par des policiers que ma présence dérangeait manifestement. A cause probablement de la chaleur et de la station debout prolongée, une femme s’est évanouie. Une ambulance des pompiers est d’abord venue. Puis, une ambulance du Samu est arrivée à son tour.  Pouvait-on laisser ces personnes sans secours ? J'ai téléphoné à un bénévole de l’association qui travaille dans une société de traitement des eaux,  pour lui demander s’il pouvait apporter de l'eau en bouteille pour toutes ces personnes. Quant à moi, je suis allé acheter tous les sandwichs que j’ai pu trouver dans un super marcher tout proche. Dans le pays des droits de l’homme (n’est-ce pas ainsi qu’on qualifie la France ?) comment peut-on traiter les personnes avec un tel mépris, un tel manque d’humanité ?  

Petite conclusion :

 

 Si je relate ces faits c’est pour montrer que la solidarité envers les personnes sans domicile peut se décliner de bien des façons. Nous devons faire attention de ne pas nous laisser enfermer dans des pratiques routinières mais au contraire toujours nous laisser interpeller par des situations de souffrance dont nous sommes témoins et chercher à y apporter une réponse adaptée, dans la mesure de nos moyens. La fraternité exige du courage et de l’engagement.   

Les maraudes dans la rue à Perrache et à la Part-Dieu

 

Entre Perrache et la Part-Dieu, mais aussi jusque sur les berges du Rhône, nous rencontrons plus ou moins régulièrement environ une trentaine de personnes. Des liens de confiance se sont établis avec beaucoup d’entre elles. Nous passons quelquefois de longs moments à les écouter. Nous croyons qu’il est important de prendre le temps de leur accorder cette attention faite de respect, d’empathie, de bienveillance. En effet, qui a le temps de les écouter ?

 

Il nous faut parfois vaincre notre répulsion naturelle et faire fi du qu’en dira-t-on des passants pour oser, oser regarder et s’approcher de l’autre malgré l’état de déchéance dans lequel il s’est mis.

 

Avec eux, pas de chichi. Certains nous livrent spontanément les blessures de leur âme. Nous ne leur donnons rien, nous recevons leur vie. Nous sommes les réceptacles de leurs souffrances. Et cela nous oblige à être très humbles.

 

Au cours de cet hiver 2013/2014 nous avons été amenés à procurer des sacs de couchage à 4 personnes. Nous avons appelé un grand nombre de fois le 115 pour des personnes étrangères qui ne pouvaient appeler elles-mêmes. Nous avons passé des heures au téléphone sans jamais obtenir de réponse positive. On comprend que beaucoup de personnes sans domicile se découragent et finissent par ne plus appeler.

 

Beaucoup de ceux que nous rencontrons nous donnent des leçons de vie par leur patience, leur courage, leur optimisme et pour certains leur joie de vivre, leur esprit de partage. Comment font-ils pour tenir le coup ? comment ferions-nous, comment serions-nous à leur place ?

 

A la fin de cet hiver, alors que nous bavardions avec Abdel, place Carnot, un monsieur polonais s’est arrêté pour nous saluer. Il était en chemise et grelottait de froid. En effet, il faisait frais ce jour là. Abdel qui avait deux blousons l’un sur l’autre s’est déshabillé spontanément et lui a offert l’un de ses blousons. Belle leçon pour nous.

 Je crois pouvoir dire qu’en 2013, comme les années précédentes, ESPOIR  a été un acteur de la solidarité.  

 Jean-Claude Pochet, président

 

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ASSEMBLEE GENERALE 19 JUIN 2013

 

RAPPORT D'ACTIVITE DE L’ANNEE 2012 

(Extraits)

 

14 années d’existence puisque, je le rappelle, ESPOIR a été fondé en mars 1999, et toujours aussi peu de bénévole actifs alors qu’il y a tant de besoins.

Jules et Lola (étudiants à l’ECAM) ont rejoint l’association en septembre, mais leur statut d’étudiant ne leur laisse pas autant de disponibilités qu’ils pourraient le souhaiter, surtout en période d’examens.

Peu de bénévoles actifs, ce qui rend notre association fragile, mais cette fragilité nous rend peut-être encore plus sensibles aux détresses rencontrées. C’est une force.

Certains bénévoles ont connu cette année les joies de la maternité ou de la paternité, nous les félicitons ; mais cela les rend, et c’est bien compréhensible, moins disponibles pour des maraudes.

Malgré tout, les rencontres ont pu se poursuivre, s’approfondir ; je pense, entre autres, à :

 

-         S., qui vit à la Part-Dieu et avec qui le dialogue, parfois savoureux, se poursuit.

-         C. qui suit des cours de français et qui dort vers le chantier de la passerelle à St Clair.

-         R., 60 ans, en squat.

-         C. également en squat.

-         S. dans la rue depuis 6 ans,  hébergé à Carteret.

-         D., J., et C., que l’on rencontre à la Part Dieu

-         G. qui squatte à Bellecour.

-         C., qui a travaillé en restauration.

-         M. qui dort sous une tente à proximité du part de la tête d’or.

-         H., qui souffre de problèmes psychologiques importants.

 

Parmi les personnes rencontrées et accompagnées régulièrement et depuis longtemps, il y a S., actuellement dans un logement près de la place Grandclément. Il est suivi par une équipe de travailleurs sociaux, mais il reste malgré tout très isolé et en grande difficulté.

 

Des membres de l’association ont rencontré en début d’année, cours d’Herbouville, des familles Roms particulièrement isolées et éprouvées. Ils les ont accompagnées durant tout le premier semestre 2012.

 

En partenariat avec la paroisse St Luc, un accueil de nuit a été mis en place, fin décembre, dans les locaux de la paroisse pour accueillir une quinzaine de demandeurs d’asile albanais rencontrés à Perrache.

 

Il y a eu également la rencontre avec les responsables de l’association LAZARE, structure qui propose un hébergement à des personnes de la rue en colocation avec de jeunes bénévoles.

 

Par ailleurs, en novembre 2012, une dizaine de bénévoles ont bénéficié d’une formation à l’écoute.

Nous avons tenté de répondre à un certain nombre de questions : Identifier les repères permettant l’écoute, s’interroger sur le cadre de l’écoute, ses limites, développer le savoir-faire et le savoir-être dans le domaine relationnel (qu’est-ce qui bloque, ou au contraire favorise l’écoute ?).

Il y a eu un apport théorique intéressant, mais également des mises en situation ou jeux de rôle (comment procéder pour aborder une personne ?). C’est là que nous nous sommes rendus compte de nos difficultés  à rencontrer les personnes dans la rue : nous posons trop de questions, absence de simplicité….. Cela fut très instructif.

 

Les projets pour 2013 :

 

-         Trouver de nouveaux bénévoles pour renforcer l’équipe et ainsi augmenter le nombre de maraudes,

 

-         Faire un nouvel état des lieux des structures d’hébergement et prévoir une visite de certaines d’entre elles.

   

François KIEFFER

 

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Assemblée générale du 4 juin 2009

 RAPPORT MORAL 2008

Il est une expression que certains bénévoles d’E.S.P.O.I.R. utilisent souvent : « Quand allons-nous descendre dans la rue ? » lorsqu’il s’agit de faire équipe pour aller rencontrer les personnes de la rue. Allons-nous manifester ? Non, encore que nous pourrions avoir motif à le faire. Cela signifie bien sûr que nous quittons la colline de Sainte-Foy pour nous rendre Place Carnot, à la gare de la Part-Dieu ou bien ailleurs… 

Mais ne pourrions-nous pas y voir autre chose, un symbole qui serait de quitter notre état présent, sortir de notre lieu de vie habituel, abandonner pour un temps nos petites habitudes ou occupations pour nous rendre tout entier présent, pour nous faire présence auprès de celui pour qui la rue est son quotidien. Oublier pour un temps, le temps de la rencontre, notre propre quotidien et se plonger tout entier dans leur univers. La rencontre demande un absolu de vérité, un absolu d’authenticité. Rencontrer l’autre suppose et demande que l’on fasse le vide en soi afin de mieux accueillir la personne. Il en est ici comme de toute relation humaine vraie. Mais c’est un monde vraiment étrange que celui de la misère. Tant et si bien que descendre jusqu’au pied de l’échelle sociale représente un voyage qui peut nous dépayser parfois plus que si l’on partait pour des contrées éloignées. Monde étranger qui peut nous faire peur mais qui peut aussi nous réserver de belles surprises et nous ménager de belles rencontres.  

« Personne n’est si pauvre qu’il ne puisse rien donner,Personne n’est si riche qu’il ne puisse rien recevoir »                                                              Dom HELDER CAMARA 

Le monde des très pauvres est un monde meurtri et honteux, peureux et violent tout à la fois ; mais c’est aussi un monde qui crie de vie, qui multiplie les appels au secours, avide par dessus tout de respect, de reconnaissance et de légitimité. Parce qu’il voyage le plus souvent aux limites de l’existence, le très pauvre en situation d’errance et d’exil nous confronte en permanence à notre impuissance et à l’échec. 

 « A quoi vous servez si vous ne donnez pas d’argent » ?

 

  Le très pauvre meurt de sa solitude, de la quasi absence de lien social, de la dureté de son environnement ; il meurt de l’absence de tendresse, de l’indifférence généralisée ; il meurt d’être meurtri en permanence et repoussé toujours plus loin des regards. Comme un enfant à naître, non voulu et non désiré, le pauvre n’est-il pas bien souvent chassé et exilé des lieux qu’il prétendait occuper : l’intérieur d’une gare, le porche d’un immeuble et même le bout de trottoir où il a installé son bout de carton.Le très pauvre, par son dénuement, voit son humanité se détruire. Il ne survit que dans un état d’hébétude renforcée par une forte alcoolisation, environnée de gris, de sale, de pollution, de violences. Que faire ? Que dire lors d’une première rencontre ? Je n’ai pas de réponse, je n’ai et nous n’avons que des gestes à offrir (sourire, serrer une main), que des regards emplis de bienveillance à donner, que des paroles toutes simples à partager. Nous n’avons à être que présence et écoute, et nous tenir auprès d’eux pour qu’ils prennent appui, pour empêcher peut-être qu’il ne partent un peu plus à la dérive. Etre présence afin qu’ils retrouvent un peu de leur humanité. 

« Lorsqu’une belle âme croise une existence, sa bienveillance laisse un sillage d’humanité différent ». Yves DUTEIL 

Venir auprès d’eux dans la simplicité de la rencontre, partager un  petit bout de leur vie, partager notre cœur, sur leur trottoir…. Descendre de la colline de Sainte-Foy… descendre en nous-mêmes…. Et retrouver avec les exilés de la rue les valeurs du partage, de la présence à l’autre… retrouver une humanité perdue.

                                                                   François KIEFFER   4 juin 2009

 

ASSEMBLEE GENERALE DU 16 MAI 2008

RAPPORT D'ACTIVITE 2007

Cette année, je voudrais commencer ce rapport en nommant les différentes personnes rencontrées par nos équipes au long de ces mois:

Mohamed, Amar, Vladimir, Bogdan, Stanislas, André, Adam, Jean-Paul, Amar surnommé l'avocat, Wittord, Mustapha, Robert dit le philosophe, Hans, Gerhardt, Idris, Moktar, Ibrahim, Richard, Chedad, Ali, Michel, Guy, Didier le légionnaire, Christian, Stephanos, Madzi, Sylvain...plus d'autres personnes, dont nous ignorons les noms, rencontrées une fois ou l'autre.

Malheureusement, nous perdons le contact avec certains d'entre eux : je pense notamment à Stéphane rencontré pendant plusieurs années et dont nous n'avons plus de nouvelles aujourd'hui.

La rencontre de ces personnes en situation d'errance est notre principale mission ; chaque semaine, une ou plusieurs équipes de 2 ou 3 bénévoles, dans la journée ou en soirée, dans différents quartiers de Lyon (Part-Dieu, Perache, Guillotière) partent dans la rue pour leur manifester une présence amicale, bienveillante, fidèle, dans une écoute respectueuse de chacun.

Parfois nous prenons en charge, avec leur accord, une démarche bien précise (consultation à la permanence de Médecins du Monde, mise en relation avec des organismes sociaux...)

Parmi les personnes accompagnées se trouvent quelques Polonais, qui dorment sous un autopont à Perrache ; nous nous sommes mobilisés pour assurer un suivi rapproché car leurs conditions de vie et leur état de santé sont très précaires (deux d'entre eux sont récement décédés, un troisième est actuellement hospitalisé).

Pour mener au mieux ces différentes actions, nous avons besoin de renforcer nos équipes en accroissant le nombre de bénévoles. Cette année nous accueillons JS et Emilie.

Une perspective intéressante s'ouvre à nous pr le biais de quelques élèves du  Lycée Bellevue qui ont pour projet de faire connaître E.S.P.O.I.R. autour d'eux. Deux bénévoles, Laurence et Bertrand sont intervenus dans leur lycée pour présenter notre association et répondre à leurs questions.

Des liens commencent à se créer entre différentes associations qui interviennent Place Carnot (à côté de Perrache). Deux réunions ont déjà eu lieu, d'autres vont suivre cet été afin de:

-  mieux nous connaître,

- améliorer et faire circuler des informations concernant la situation des SDF présents à cet endroit. Des contacts privilégiés semblent se créer, notamment avec Médecins du Monde et la Croix-Rouge.

Au sein d'E.S.P.O.I.R, des projets sont en cours, pour lesquels nous pourrons échanger un peu plus longuement :

- projet d'hébergement pour une personne qui serait accompagnée par nos soins,

- amélioration du site internet.

Beaucoup d'investissement de la part de tous pour des actions qui ne sont pas facilement mesurables mais qui, je crois, répondent à un réel besoin.

François KIEFFER, Président