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Témoignages

TEMOIGNAGES DE MEMBRES DE L'ASSOCIATION


 

Petite présentation d’ESPOIR à l’occasion de l’A.G du Collectif Accueil Provinces le 07/02/2018

 

Je voudrais tout d'abord rappeler ce que veut dire ESPOIR , c'est un sigle qui signifie : Etre Solidaire des Personnes Oubliées et Isolées dans la Rue.

 

Depuis 19 ans, les membres bénévoles de l’association vont à la rencontre de personnes sans domicile quel que soit leur origine ou leur statut. Nous rencontrons aussi bien des hommes seuls que des femmes seules ou de familles.

 

Notre  première action est de les voir, de les regarder, de leur porter attention et de leur offrir une écoute. De même que : « l'on ne voit bien qu'avec le cœur » comme disait le renard au Petit Prince, on pourrait dire que l'on n'écoute bien qu'avec le cœur. Et lorsqu'on écoute comme cela, on peut entendre la détresse de ceux que l'on rencontre.

 

C'est ainsi qu'au cours de toutes ces années, nous avons soutenu des personnes seules ou des familles originaires de 17 pays différents : Allemagne, Pologne, Tchéquie, Hongrie, Roumanie, Moldavie, Bulgarie, Albanie, Kosovo, Géorgie, Syrie, Irak, Algérie, Togo,  Guinée, Bangladesh sans oublier la France. Mais plus que des noms de pays, ce sont des visages qui sont gravés dans nos mémoires.

 

Grâce au concours de la paroisse de Ste Foy, nous avons pu mettre à l’abri durant l’hiver 2013 mais aussi durant l’hiver 2017 plusieurs familles d'origines diverses.

 

Durant un an et demi nous avons accompagné dans toutes ses démarches une famille syrienne hébergée, à notre initiative, dans l'ancienne cure de Ste Thérèse à Ste Foy.

 

En novembre 2017, nous avons été sollicités par une assistante sociale de l'hôpital Femme Mère Enfant pour une maman qui dormait dans la rue avec ses 3 enfants.

 

Ce serait trop long d'énumérer tous les cas pour lesquels nous nous sommes ingéniés à trouver des solutions d'hébergement qui sont souvent passées par l'hôtel.

 

Le manque d’hébergement pour faire face à des situations d’urgence est flagrant, c’est pourquoi nous sommes heureux de nous associer aujourd’hui à Antenne Logement et au Comité de quartier Provinces-Chavril pour créer ensemble une nouvelle offre d'hébergement, qui ne pourra devenir effective que grâce à vous tous.

 

Jean-Claude Pochet

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Témoignage de Françoise, éducatrice spécialisée à la retraite, bénévole à ESPOIR depuis 4 ans:  (mars 2017)

Ecouté, l’autre peut renaître à lui-même » ; c’est le pari que fait ESPOIR pour rencontrer les gens de la rue.

Nous faisons toujours les « maraudes » en duo car parfois c’est difficile de les aborder,( beaucoup sont alcoolisés ou drogués)nous leur offrons un café, manière de rentrer en relation. Bien souvent ils font la manche mais nous ne leur donnons pas d’argent.

Un jour, c’était à mes débuts, François que je ne connaissais pas, me réclame quelques pièces ; pas très à l’aise je lui réponds que je ne donne pas d’argent que je viens pour le rencontrer et parler avec lui. Il me dit : « alors, c’est pour l’amitié ? » Il avait très bien compris le sens de ma démarche ce qui m’a beaucoup ému. Je l’ai revu souvent après, et selon les jours, il a pu parler de sa vie cabossée faite de ruptures, d’abandon, dans une grande misère affective. Souvent alcoolisé, il passe du foyer d’urgence à la rue sans perspective d’avenir.

Une autre fois, c’est Paul qui me présente à un copain de passage : « je te présente une amie » Avec lui c’est très difficile de parler car il est toujours alcoolisé ; son histoire il la raconte par bribes et je ne comprends pas toujours ce qu’il dit, il se met à chanter (des chansons de Johnny Halliday). En fait il se crée une relation car il est content de me voir et il sourit quand j’arrive.

Je pourrais vous raconter mes rencontres avec Jean Jacques, vieux routard de 56 ans plein de sagesse qui a parcouru le monde, qui vivait dans la rue depuis l’âge de 16 ans ; avec Farid très perturbé avec des séjours en prison ou en psychiatrie ; avec Carine mère de 2 enfants (placés en établissement), au début  très méfiante elle ne sort pas la tête de dessous ses couvertures ,aujourd’hui elle nous parle de ses enfants, évoque sa vie douloureuse et chaotique depuis son enfance, Carine est très touchante, elle ne s’arrêterais pas de parler, uniquement pour que l’on reste avec elle plus longtemps ; avec Darius d’origine polonaise qui ne parle pas français qui joue de la guitare classique pour se faire quelques sous (il a fait le conservatoire à Varsovie ); avec Luc, Henri, Claude etc. 

A leur demande, on peut les accompagner pour des démarches d’insertion ou des problèmes de santé, les informer sur toutes les structures qui existent pour les repas, les douches, les lieux d’accueil.

En fait tout est une question de rencontre, mais pour cela je dois les aborder sans a priori, sans projet sur eux, dans le respect de leur liberté, simplement partager un moment de vie avec eux. Pouvoir parler est important pour eux car enfin ils existent, eux les rejetés de notre société et souvent ils nous remercient d’avoir passé du temps avec eux.

Etre avec chacun d’eux, c’est faire l’expérience d’une vraie relation humaine sans artifice et ainsi d’une grande richesse. Entrer en relation est pour moi une valeur essentielle de vie et me procure de la joie. Qui donne et qui reçoit le plus dans cet échange ? 

                                          Françoise

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Warda - 35 ans 

 

Jeune bénévole de l'association, Warda a accepté de se présenter en septembre 2010 avec ses mots à elle :

 

« Je cherchais à me rendre utile, j'ai de l'empathie pour les personnes de la rue. Je pense que l'intérêt, la considération permet de se construire. J'ai été marquée par certains personnages de la rue.

 Le fait que l'on aille en binôme au contact des gens de la rue, même pour une femme, c'est sécurisant d'être à deux, et ça permet d'avoir des échanges très simples. Lorsque j'ai lu cette phrase dans la charte de l'association "en vue de leur proposer une relation stable, fidèle, sans en attendre nécessairement de résultat", j'ai eu envie d'en savoir plus, j'ai alors contacté les membres de ESPOIR" ».

 

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François KIEFFER- Président de E.S.P.O.I.R

 

François témoigne en octobre 2010 de son parcours effectué dans l'association :

 

"Tout a démarré par une rencontre avec JCl qui était il y a une dizaine d'années, permanent à la Péniche (Accueil de jour pour personnes vivant dans la rue). J'étais à l'époque bénévole au foyer des sans-abris.

On a fait le constat que des personnes refusaient les logements dans des grosses structures d'accueil car l'accès des chiens, l'alcool leur étaient interdits ; on leur imposait trop de règles et ces personnes préféraient aller dans la rue.

L'association (loi de 1901) a été créée en Mars 1999. La première maraude s'est faite avec JCl. Nous avons alors approché Mohammed. Ce fut la première personne en situation de personne isolée dans la rue, rencontrée par l'association.

 

Ce qui me plaît dans la rencontre, c'est une certaine authenticité de l'être. Aujourd'hui, j'accompagne les nouveaux membres intéressés, désireux de voir "comment ça se passe""

 

A l'image de Warda, nous serions heureux d'accueillir de nouveaux membres.

Le champ d'action en serait d'autant renforcé »